FEDIA à l’école de la justice climatique

FEDIA à l’école de la justice climatique

Pendant que le monde parle de transition verte, des communautés africaines continuent de perdre leurs terres, leurs forêts et leur droit de décider de leur avenir. Derrière plusieurs projets dits climatiques se cachent parfois de nouvelles formes de domination économique et écologique.

C’est a cette réalité que l’association FEDIA, représentée par sa Coordinatrice BEDOU Ablavi, est allée confronter à la 4e édition de l’École de justice environnementale et sociale, qui s’est tenue du 24 au 26 mars 2026 à Lomé, à l’Agora Senghor organisée par l’ONG CJE.

Cette rencontre panafricaine, rassemblant des acteurs venus du Nigéria, de la RDC, du Congo-Brazzaville, du Zimbabwe, de l’Ouganda, du Ghana, du Kenya et du Togo, a permis de déconstruire plusieurs mécanismes présentés comme des solutions climatiques alors qu’ils aggravent parfois les inégalités sociales et environnementales.

Un constat majeur s’impose : l’Afrique paie une crise climatique qu’elle n’a presque pas créée. Moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent du continent africain. Pourtant, les populations africaines figurent parmi les premières victimes des sécheresses, des inondations, de l’insécurité alimentaire et des déplacements forcés.

Les travaux ont particulièrement mis en lumière des notions clés dans les luttes environnementales :

  • le colonialisme climatique, où des puissances et multinationales utilisent la crise climatique pour contrôler des ressources et des territoires ;
  • l’extractivisme, qui détruit les écosystèmes pour le profit d’intérêts économiques extérieurs ;
  • les fausses solutions climatiques, comme certains marchés carbone ou projets REDD+, qui permettent parfois aux grands pollueurs de continuer à émettre tout en transférant les conséquences sur les communautés du Sud.

Pour FEDIA, plusieurs leçons stratégiques ressortent clairement de cette école :

La justice climatique ne peut exister sans justice sociale. Une politique climatique qui appauvrit les communautés ou exclut les femmes rurales n’est pas une solution durable.

Les communautés locales doivent être au centre des décisions environnementales. Les populations ne peuvent plus être considérées comme de simples bénéficiaires, mais comme des actrices politiques capables de défendre leurs territoires et leurs savoirs.

La transition écologique doit être juste. Remplacer une exploitation par une autre sous prétexte d’écologie ne résout rien. Les solutions doivent protéger les droits humains, les terres agricoles, les forêts et les moyens de subsistance.

Les femmes et les jeunes sont en première ligne des impacts climatiques, mais aussi des résistances. Leur implication dans les politiques environnementales n’est pas symbolique, elle est stratégique.

Au-delà des réflexions, cette école a renforcé chez FEDIA une conviction fondamentale : la crise climatique n’est pas seulement une question environnementale. C’est une question de pouvoir, de justice, de souveraineté et de dignité humaine.

FEDIA entend renforcer davantage son engagement pour des solutions climatiques menées par les communautés, basées sur la justice environnementale, la protection des populations vulnérables et la défense des droits des générations futures.

FEDIA #JusticeClimatique #JusticeEnvironnementale #Afrique #TransitionJuste #ColonialismeClimatique #Climat #Environnement #Togo